Au fil de l’actualité




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Attendons ! L’actualité est à-venir, très vraisemblablement.

                                                                                                                                                                                                                                                              22.01.2015


λ - Il y a tant de versions divergentes qui fleurissent sur le Web à propos des événements terribles qui se sont déroulés en France, les 7, 8 et 9  janvier à Paris puis en région parisienne, que je ne sais plus quoi penser de leur véracité. Certains affirment même que ces événements ont été mis en scène comme les tragiques événements du World Trade Center du 11.09.2001. Qu’en peut dire le philosophe ? car ces versions divergentes d’une supposée réalité peuvent engendrer tant de passions, de troubles sinon de violences !

Φ - Aspirer à connaître la vérité peut apparaître légitime… Mais qu’en est-il de ceux qui voudraient imposer à l’autre ce qu’ils affirment comme étant LA vérité, notamment lorsque plusieurs versions s’affrontent à propos d’un même événement ? Mais vous-même, comment pensez-vous pouvoir faire votre choix parmi toutes ces versions ?

λ - En me basant sur l’objectivité des faits ! Les témoins oculaires, les photos ou les films réalisés en situation… Tout ce qui peut constituer une preuve tangible ! C’est pour moi l’évidence.

Φ - Certes… Mais, en l’occurrence, nous devons noter que l’analyse de ces faits aboutit à des conclusions divergentes selon les observateurs et les commentateurs ! En matière de témoignages et de faits observés nous ne devrions donc jamais oublier que des faits supposés ne sont perçus qu’en fonction de ce que nous projetons sur eux selon notre « grille d’interprétation » personnelle, orientée selon notre intention, nos idéaux, nos désirs, besoins ou sentiments les plus impérieux… et est le plus souvent appliquée sans discernement. Alors cette « grille », ce « regard » porté sur les événements, élaborera le scénario le plus plausible, c’est-à-dire ‘réel’, conformément à notre « sentiment », à notre « positionnement », à nos « valeurs » et « idéaux », c’est-à-dire établi selon la « direction » de notre « regard » !...

λ - Mais lorsque plusieurs personnes témoignent d’un fait de façon convergente, les faits sont supposés être objectifs, n’est-ce pas ?

Φ - Ces personnes partagent donc la même grille d’analyse, le même espace de consensus, relié au même inconscient collectif et culturel ! Quel que soit le nombre de personnes partageant ce « point de vue », cette « religion » !  Deux suffisent… Plus de personnes participent de cet espace de consensus, plus la vérité devient établie… ses fondements fussent-ils erronés. Toutes les formes de dictatures deviennent alors possibles, et toutes les formes d’intolérance.

λ - Mais alors, on devrait douter de tout ?

Φ - Il est difficile, sinon impossible, de douter de ce que nous ressentons comme étant une vérité pour soi, en toute intégrité et sincérité… Ne croyez-vous pas ?

λ - Oui… mais la vérité n’est-elle pas intimement associée à la réalité ?

Φ - Hormis de notre seul point de vue, totalement subjectif !

λ- Même lorsque des caméras ont enregistré des faits manifestes…

Φ - Comme au cinéma ? Cette réalité ne sera-t-elle pas sensiblement différente selon celui qui perçoit « le film » ? Mais au demeurant quoi, en lui, va porter un certain regard ? Superposer aux faits un certain sens, une certaine réalité ? Une grille d’analyse la plupart du temps totalement subconsciente et subjective ?

λ - Ainsi, selon vous, nous construisons donc une réalité qui ne serait que le fruit d’un mouvement intérieur.

Φ - C’est cela même ! Mais devons-nous assassiner l’autre pour la raison que sa vision des « faits » diverge de la nôtre ?

λ - Les faits ne peuvent donc pas être considérés comme réels en vérité, ni comme une vérité ; sinon pour ceux qui considèrent tout bonnement qu’ils ont raison selon leur point de vue.

Φ - Nous ne pouvons l’éviter, à moins d’une inconscience parfaitement humaine et compréhensible ! Mais avec plus d’attention et de discernement, nous pouvons rechercher selon quels points de vue, quelles intentions, quels espaces de consensus, quels buts ou idéaux sont construits et décryptés les faits

λ - Cela suppose de savoir prendre du recul, établir un minimum de distance…

Φ - Alors pouvons-nous, si nous le désirons et recherchons avec constance, nous retrouver sur la valeur que revêtent les faits pour l’un et l’autre, et établir un consensus concernant ce qu’il nous serait possible de partager et de construire, et qui soit juste pour chacun.

λ - La tolérance, par exemple…

Φ -La tolérance, la patience et le cœur, à n’en pas douter !

λ - Mais nous voudrions si souvent imposer à l’autre notre vérité, pour ce que nous voudrions croire être bon ou bien pour lui.

Φ - Mais nous ne pouvons jamais savoir pour l’autre ! serait-il notre enfant.

λ - Tant d’êtres se croient dans le droit et la capacité de le faire. Et sans se poser l’ombre d’une question !

Φ - Vous posez là tout le problème de l’éducation et de sa légitimité…

λ - Je crois que nous ne méditons jamais assez sur ces questions.

Φ - Non plus que sur le Bon et le Bien que nous pouvons construire en commun, dans une écoute réciproque et respectueuse.

λ - A lors c’est notre cœur qu’il nous faudrait ouvrir en premier lieu.

Φ - Assurément, seul notre cœur nous ouvre sur le meilleur des discernements et le plus profitable des partages… lorsqu’il est en paix.



                                                                                                                                 Cyrille